A la périménopause, le corps d’une femme ne fonctionne plus comme à ses 20 ans, ni même à ses 40. Quels sont les signes de cette métamorphose, comment les interpréter et apprendre à son corps à faire un reset ? Docteur en pharmacie et micronutritionniste, spécialisée en péri et post-ménopause, Laurence Massip nous révèle ces 10 changements qui peuvent transformer votre vie.
Le changement hormonal de la périménopause, liée à la baisse des œstrogènes entre 45 et 55 ans, entraîne un déséquilibre de tous nos microbiotes (intestinal, buccal, vaginal...). « Les études scientifiques le prouvent : l’altération du microbiote, particulièrement intestinal (la dysbiose) a des effets délétères sur l’organisme : prise de poids, perte de masse musculaire, résistance à l’insuline, augmentation des pics de glycémie qui se manifestent par une graisse inflammatoire au niveau du bas ventre... », prévient Laurence Massip, Docteur en pharmacie et micronutritionniste, spécialisée en péri et post-ménopause. Ce déséquilibre de la flore intestinale a un impact sur tous nos neurotransmetteurs qui se mettent à dysfonctionner. La baisse de la mélatonine entraîne des troubles du sommeil ; celle de la sérotonine, de l’irritabilité et de l’anxiété. La diminution de la dopamine génère des troubles cognitifs et des agitations nocturnes dans les jambes...

La hausse du cortisol, l’hormone du stress, engendre une prise de poids, l’inflammation et l’hyperméabilité des intestins. Elle perturbe également le sommeil.« Les oestrogènes, hormones sexuelles dont le taux diminue au fil des ans, jouent un rôle protecteur non seulement sur les microbiotes mais aussi sur le système cardiovasculaire », continue Laurence Massip. En périménopause, les mitochondries, centrales énergétiques des cellules, fabriquent des radicaux libres qui génèrent de la fatigue, de l’hypothyroïdie (fonctionnement de la thyroïde au ralenti, entraînant une prise de poids) et le développement des maladies cardio-vasculaires.
L’alimentation joue un rôle essentiel pour vivre sereinement cette transition et se sentir mieux dans son corps. Laurence Massip vous livre quelques conseils pour modifier le contenu de votre assiette.
1. Augmenter la part de protéines dans l’assiette
A cette période de la vie, « augmentez la part des protéines pour stabiliser votre poids, votre masse musculaire et votre densité osseuse». Haro donc sur les protéines animales et végétales, qui doivent être à égalité sur votre table. Consommez des œufs enrichis en oméga 3, des petits poissons gras (sardines, maquereaux, harengs, truite, anchois...) à raison de 400g/semaine, des légumineuses (pois chiches, lentilles...), du sarrasin, du quinoa...pour assurer votre portion de protéines. « La consommation d’oméga 3 a un rôle protecteur sur le cerveau et le cœur, améliore l’hydratation et l’aspect de la peau », rappelle Laurence Massip.
2. Consommer des phyto-oestrogènes
Chaque jour, avalez deux cuillerées à soupe de graines de lin moulues, très efficaces pour lutter contre les bouffées de chaleur. « Pour éviter qu’elles ne perdent leur pouvoir nutritionnel, moulez-les avant consommation ». Les lignanes de lin, phyto-oestrogènes métabolisés après ingestion, auraient, en plus, un effet protecteur. « Je recommande vivement de manger du soja. Les études scientifiques montrent aujourd’hui qu’il n’y a pas de lien de cause à effet entre consommation de soja et cancer du sein. A contrario, le soja réduirait le risque de certains cancers ».
